MARCHER À PAS DE VENTRE

Débuté en 2025, le projet « Marcher à pas de ventre » s’est précisé suite à une opération qui a modifié ma perception de l’espace et de mon environnement. J’adopte une posture délibérément animale, souvent au ras du sol, dans des zones ombragées où les corps humains, végétaux et minéraux se frôlent et où les matières s’accumulent, se superposent et se transforment. En me glissant sous les branches, entre les pierres, dans les creux de la terre, j’adopte un regard qui n’est plus strictement humain, mais instinctif, sensoriel, presque furtif. Chaque photographie fonctionne comme un échantillon, un extrait d’un territoire plus vaste et indéfini, jouant avec l’ambiguïté des textures et des échelles.

Cette démarche puise autant dans l’expérience corporelle que dans la recherche scientifique, examinant les détails comme on étudie un terrain, une peau, une sédimentation vivante. Les matières deviennent des indices. Le corps, tantôt visible, tantôt suggéré, apparaît comme un prolongement naturel du paysage.

Dans cette proposition, je ne cherche pas à hiérarchiser la matière minérale, organique et vivante. Une pierre, une surface d’eau, une peau, une branche ou une montagne existent sur le même plan soumis aux mêmes tensions, aux mêmes transformations. Ce sont des états, des passages, des équilibres temporaires.

Les photographies ne constituent pas un ensemble figé, mais un système ouvert où les formes se déplacent, se recomposent et trouvent de nouvelles relations.

Des images ont été publiées dans

UNSTAGED Journal #3

Unstaged journal Issue 3