Une immense joie de voir mon projet « Marcher à pas de ventre » présenté dans UNSTAGED journal #3. Un numéro dédié aux artistes visuelles qui expérimentent le médium photographique autour de thèmes autobiographiques.
Ce projet débuté, il y a quelques mois, s’est précisé suite à une opération qui a modifié ma perception de l’espace et de mon environnement. J’adopte une posture délibérément animale, souvent au ras du sol, dans des zones ombragées où les corps humains, végétaux et minéraux se frôlent et où les matières s’accumulent, se superposent et se transforment. En me glissant sous les branches, entre les pierres, dans les creux de la terre, j’adopte un regard qui n’est plus strictement humain, mais instinctif, sensoriel, presque furtif. Chaque photographie fonctionne comme un échantillon, un extrait d’un territoire plus vaste et indéfini, jouant avec l’ambiguïté des textures et des échelles.
Les photographies ne constituent pas un ensemble figé, mais un système ouvert où les formes se déplacent, se recomposent et trouvent de nouvelles relations.
Dans cette proposition, je ne cherche pas à hiérarchiser la matière minérale, organique et vivante.
Une pierre, une surface d’eau, une peau, une branche ou une montagne existent sur le même plan soumis aux mêmes tensions, aux mêmes transformations. Ce sont des états, des passages, des équilibres temporaires.
Profondément reconnaissante de la confiance qu’Arek Ratai m’a accordée.





